« …La bien-traitance  des plus vulnérables d’entre les siens est l’enjeu d’une société toute entière, un enjeu d’humanité »
Marie-Jeanne Reichen,
Ministère de l’Emploi et de la Solidarité.

Comment faire face à l’ampleur des mutations auxquelles l’avancée en âge confronte l’ensemble de notre société, et aux nouvelles problématiques posées par les situations de dépendance et le recul de la mort à des âges extrêmes de l’existence ? Comment accompagner nos aînés au soir de leur vie lorsqu’ils ont à faire face à des différences de repères sociaux et culturels jusqu’ici insoupçonnées dans la transition épidémiologique et démographique à laquelle nous n’étions pas préparés ? C’est ce défi que nous devons relever : celui de promouvoir de nouvelles compétences, de fédérer les forces vives des multiples courants de réflexions que l’avancée en âge fait émerger aujourd’hui, et faire connaître la créativité d’initiatives de bien-traitance encore trop isolées.

Bien-traitance : ce néologisme qui a émergé, au sein du Ministère des Affaires sociales à la veille de l’An 2000, dans la langue française avec ce trait d’union qui marque l’unité de l’être humain à tous les âges de la vie, peut nous aider à un meilleur accompagnement de nos aînés au soir de leur existence. Un trait d’union dont la valeur pluridisciplinaire, fédérative et dynamisante, nous parait le meilleur garant face aux risques d’un slogan ou d’un label vides de sens que porte en elle l’orthographe de bientraitance, assimilée d’emblée au contraire réducteur de maltraitance dans l’axe d’un jugement entre le bien et le mal faire. Il peut nous permettre d’affronter ensemble cette transition épidémiologique et démographique considérable qui submerge actuellement les proches des personnes âgées dépendantes comme les acteurs de terrain , car nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de professionnels bien-traitants qui ne soient bien-traités eux-mêmes, soutenus et valorisés dans leurs gestes pourtant si souvent répétés, parce que « la noblesse et la science thérapeutique de l’anodin du quotidien » est à présent démontrée.

Encore faut-il ne pas camper sur la seule dénonciation des carences institutionnelles ou socio-familiales. Dénoncer n’alimente que trop, chez des professionnels déjà en souffrance, leurs sentiments d’injustice et d’incompréhension qui mènent trop souvent sur la pente du renoncement, alors que, sous la contrainte de contingences économiques, administratives ou politiques, ils sont  en manque de formation initiale suffisante et d’accompagnement.

Promouvoir un management « bien-traitant » pour intégrer la bien-traitance à la dynamique institutionnelle de toute équipe comme aux relations individuelles de soins, implique le respect de la vie psychique de toute personne âgée, en quête de sens et de liberté intérieure, acteur jusqu’au bout de « son sentiment d’exister » et de son histoire. Et donc de promouvoir pour ceux qui les accompagnent la formation continue qui s’y rattache, dont ce catalogue témoigne.

Danielle Rapoport, présidente
Jeanne –Dominique Martin-Soleil, directrice
Marie-Odile Bériel, chargée de mission Pôle Avancer en âge